Il y a 18 mois je ne croyais jamais être ou je suis rendue au moment présent. J'ai retrouvé mes sens , ma Vie. Je suis tellement heureuse. Tout ça n'aurait pu être possible sans votre aide. Continuez de faire ce que vous faites si bien. Aimer les gens et les aider. Ça marche!!!
France B
Quand tu as commencé à goûter au bonheur, tu ne veux plus t'en passer. C'est le plus beau cadeau que je me suis fait en venant ici.
Michel
Suivre une thérapie n'est pas une mince affaire. Comment s'y décide-t-on? Comment le vit-on? Et comment se passe le retour dans la société? Grâce au Domaine de la Sobriété de Stratford, le Journal MRG a pu rencontrer Pierre* qui a accepté de parler de son expérience.
Dans son cas, le problème était relié à l'alcool, un problème qu'il a lui-même qualifié d'insidieux: « Je ne suis pas le genre de gars à se mettre saoul tous les jours. Je suis plutôt un buveur solitaire. J'allais bien prendre une ou deux bières avec les gars, mais j'aimais mieux me retrouver à la maison pour engourdir mon mal intérieur. Parce qu'au fond, ce n'est que çà, dans mon cas. J'avais ce mal difficile à définir qui s'estompait au bout de quelques bières. Mais le lendemain matin, le foutu problème, il était toujours là. Peu à peu, mon humeur a changé. Je suis devenu plus sombre, plus renfermé. J'ai dû subir une séparation et d'autres choses qui ont découlé de mon état. Un matin, je me suis décidé à me regarder dans le miroir et je n'ai pas du tout aimé ce que j'ai vu. J'en étais au point où il fallait que je me reprenne en main et pas à peu près. »
La décision prise, Pierre s'est rendu au Domaine de la Sobriété pour s'informer et aussi faire le nécessaire pour suivre le programme de 28 jours: « Je suis allé le mercredi et j'ai dit à la personne qui était là: « J'entre ici samedi matin! ». J'imagine que ma détermination a dû compter un peu parce que le samedi, j'entreprenais le programme. Ce n'est pas facile mais on découvre tellement de choses qu'on ne savait sur soi-même et ceux qui nous entourent. Quand on dit que ces gens-là sont des professionnels, je suis là pour en témoigner. Une chose qui m'a impressionné, c'est que quand vous arrivez, on vous dit que les intervenants sont là pour vous 24 heures, sans réserve. Il n'y a rien de plus vrai. Il m'est arrivé de me coucher et de faire du « tourne puis retourne ». J'avais besoin de parler et il y avait quelqu'un, à deux heures du matin, pour m'écouter. Quand je suis retourné me coucher, je me suis endormi comme une bûche, les deux fois. On passe le 28 jours pas mal isolés et c'est bien ainsi, on peut prendre le temps de se regarder, de voir où on est et décider de ce que nous voulons devenir. »
Et c'est le retour en société, un retour parfois difficile parce que vos proches voient le changement, mais y croit-ils vraiment? Pour Pierre, les choses se sont relativement bien passées: « Je n'ai pas eu trop de misère à ce côte-là. Quand je suis entré en thérapie, ma fille ne parlait pas beaucoup, souriait presque jamais. Mon gars était renfermé et je passais naturellement plus de temps avec un bouteille qu'avec lui. Quand je suis revenu, on s'est apprivoisé, si je puis dire. Moi, j'ai changé du tout au tout. Je me lève de bonne humeur, je blague, je vis la vie que je veux mener en toute sérénité. Quand mes enfant et mes proches ont saisi que j'étais dans une nouvelle phase de ma vie et que leur appui venait me donner encore plus de gratification d'avoir accompli ce que j'avais fait pour m'en sortir, ma fille s'est remise à sourire et moi puis mon gars, on fait des choses qu'on avait quasiment jamais faites avant. Je me sens revivre. » Pierre avoue bien avoir eu des occasions de chuter mais, comme il le disait lui-même: « Je suis tellement bien aujourd'hui, que le simple fait de savoir que si je touche à une bouteille, je vais perdre tous les trésors que j'ai accumulés, c'est une motivation suffisante pour continuer. »
Tous les mercredis, depuis sa sortie, Pierre se fait un devoir d'assister à des réunions de groupe au Domaine de la Sobriété, des réunions qui visent à garder les gens en contact, un aspect du programme que Pierre place à son agenda peut-être pas par nécessité mais plus pour continuer d'avancer.
Pour terminer, il avait un message pour tous ceux et celles qui voudraient entreprendre ce changement drastique dans leur vie: « Le plus important de tout, avant d'entrer au programme, c'est de le faire pour vous. Les chances de succès sont pas mal plus minces quand vous le faites par obligation, pour vos proches ou vos amis. Il faut que çà viennent d'en-dedans. C'est une urgence que j'éprouvais de vouloir changer ma vie pour le mieux. Oui, il y a des épreuves qui vont être difficiles à passer et oui, vous allez devoir faire de très gros efforts. Mais avec une équipe d'intervenants comme ceux que j'ai côtoyés, si vous avez la volonté d'aller jusqu'au bout, vous mettez pas mal de chances de votre côté. Vous savez, l'alcoolisme, c'est 15% d'alcool. Le reste, ce sont des problèmes, un mal de vivre qui vous suit. Il y a des façons de s'en sortir et de vivre heureux. C'est ce qui m'arrive et ce que je souhaite à tous ceux et celles qui vont décider par eux-mêmes de prendre le même chemin d'une vie pleine et entière. »
* Par souci d'anonymat, le nom a été changé
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